LE CFFC organise chaque année une grande campagne qui regroupe tous les événements francophones du mois en Floride et dans les Caraïbes.

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La Francophonie Economique, un monde en devenir

Outre les échanges culturels, le partage du français bénéficie dans une certaine mesure à l’économie de ces pays. Maria Masood, chercheuse à l’Université de Genève, montre ainsi qu’entre 1995 et 2015 dans le monde, les échanges économiques entre deux pays francophones ont été plus important de 18% en moyenne que deux pays aux caractéristiques similaires n’ayant pas le français en commun. Pour l’année 2015 en France, la chercheuse avance également qu’en moyenne “2% du PIB par tête sont attribuables aux échanges avec les autres pays francophones“.

Il existe une francophonie économique — “f” minuscule. C’est celle de l’entreprise privée et de l’économie sociale, qui représente 20 % des échanges mondiaux. Quant à la Francophonie économique — “F” majuscule, au sens institutionnel —, c’est une autre histoire.

Cas d’espèce : en novembre 2014, le Sommet de Dakar a produit un grand programme économique signé par 70 pays. Mais rien n’a suivi : ni budget, ni rencontre des ministres de l’Économie, ni création d’un grand opérateur économique sur le modèle de l’AUF ou de l’OIF.
Il y a bien eu deux Forums économiques de la Francophonie, mais ceux-ci étaient officieux et exploratoires.

Pour Maria Masood, le premier avantage économique d’une communauté linguistique, provient de la réduction des coûts de transaction et de communication, qui entourent les échanges marchands. En ayant la même langue, les francophones évitent les frais liés aux besoins de traduction.

Par ailleurs, la proximité culturelle induite par l’appartenance à une même communauté linguistique implique, pour les individus, une plus grande probabilité de partager “un ‘dénominateur’ culturel commun”, selon Maria Masood. Les consommateurs partageant une même langue ont ainsi des préférences communes, facilitant la vente des producteurs.

Enfin, la proximité culturelle induit une plus grande confiance entre les personnes ayant une langue en commun : “plus les pays sont culturellement proches, plus grand est le niveau de confiance“, explique la chercheuse.

La francophonie économique n’est pas seulement un marché, c’est d’abord un espace de solidarité, de développement, de soutien aux économies fragiles.
La francophonie économique supposerait un espace de coopération économique, or ce concept est loin d’être partagé.

Une politique de formation professionnelle, d’Erasmus francophone, de diplômes communs, d’alliances industrielles, de dépôt de brevets en français, de visa francophone, etc.

L’apprentissage du et en français reste de fait conditionné à des investissements massifs dans l’alphabétisation et l’éducation dans les pays francophones, notamment africains, d’abord dans les langues maternelles, avant que le français ne prenne sa place de première langue secondaire.

L’investissement dans le numérique, l’aide à la création francophone, le développement de l’offre des chaînes de TV francophones et des moyens de sous-titrage, une politique des visas encourageant la mobilité sont autant de préconisations pour renforcer le soutien à l’éducation et à la place de la langue française.

Un appel en faveur de la mobilité.

Une foule d’obstacles bureaucratiques nuisent au mouvement des administrateurs, des investisseurs, des gens d’affaires, des chercheurs et des étudiants. Et c’est encore pire pour la main-d’oeuvre moins qualifiée.

Enfin, au-delà des aspects économiques, la francophonie peut revêtir un caractère stratégique pour les Européens.
L’Union européenne pourrait, en particulier, utiliser le français pour améliorer ses relations avec l’Afrique. En y menant une politique active, l’Union européenne pourrait mieux concurrencer la Chine ou le Brésil qui sont déjà partis à la conquête de ce continent en pleine expansion et développement.

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